Spt ?!

Bonjour à tous,

Je me permets de coucher ici quelque chose qui me perturbe depuis une dizaine de jours.

Comme j’ai pu le partager avec vous dans d’autres de mes récents messages, je vais entamer ma 17eme année de rémission le jour de mon anniversaire, le 24 décembre. Car hasard du calendrier j’avais reçu ma dernière injection de granocyte le jour de mes 20 ans.

Ces années n’ont pas été de tout repos : j’ai échoué la dernière étape de mes études et j’ai du me reconvertir. Je me suis faite quittée par mon ex pour une femme plus jeune au cours de ma grossesse. J’ai fait une dépression. Maman solo d’une petite Asperger, j’ai d’ailleurs été diagnostiquée HPI lors de ma dépression.
J’ai démissionné d’un boulot où j’étais malheureuse pour rejoindre une équipe bienveillante et formidable.

Mais, parce qu’il y a un mais…

Il y a quelques jours, j’ai du faire une présentation d’un de mes projets au reste de l’équipe européenne en anglais. Il y a bien longtemps que je n’avais pas tremblé autant pour quelque chose. Ce stress intense m’a replongé dans la période éprouvante de mon Hodgkin.

Du coup, je voulais savoir si d’autres personnes ici faisaient des crises de SPT (symptômes post traumatiques) en rémission ? Et comment réussissez vous à les apaiser ?

Je suis suivie par une sophro depuis plusieurs mois. Plutôt solitaire, je n’ai pas beaucoup de personnes dans ma vie donc c’est vrai que je ne me confie pas beaucoup sur cela.

En fait, la bombe qui a éclaté il y a quelques jours, c’est que j’ai réalisé que je n’avais pas mené au terme que j’espérais les rêves qui m’ont fait tenir pendant mon traitement… du coup, je ressens beaucoup de tristesse, de frustration, de culpabilité.

Bien à vous
Julie

Bonjour,
Je n’ai connu que quelques mois de rémission donc je ne peux répondre à votre questionnement. Mais je me dois de répondre à votre dernière phrase. Pourquoi de la culpabilité ?? Vous ne pouvez être coupable de ce qui vous est arrivé.
D’autre part je pense ( et ça n’engage que moi) que le jour où on nous annonce cette pourriture ( je parle du :crab:, quel qu’il soit) nous sommes nombreux à craindre la rechute. C’est dans un coin de notre cerveau, dans notre inconscient. Nous sommes attentifs au moindre signe. Et il suffit d’une difficulté, si on peut dire, pour que tout ressurgisse.
:muscle::muscle::muscle:

Bonjour Julie,
Pour ma part on m’a diagnostiqué un LNH stade 4 il y a 3 ans, à l’age de 46 ans, en rémission depuis.
Je pense que cette maladie nous marque pour le restant de nos jours car elle est nous met en face notre peur de mourir, de laisser nos proches seuls…
Ma première année de rémission j’ai totalement “zappé” ma maladie, au cour d’un scanner de routine j’ai dû faire des analyses complémentaires pour lever un doute et là je me suis effondré psychologiquement et physiquement en 5 mn. Heureusement c’était une fausse alerte mais j’ai compris que je devrai vivre avec. C’est à partir de ce jour que j’ai commencé à partager sur ce site, pour aider les autres et m’aider.
A la lecture de votre poste je pense que vous pouvez et devez être fière de ce que vous avez réalisée.
On réagit tous différemment pour moi il n’y a pas de bonnes et mauvaises réactions, l’important c’est de pouvoir échanger sur ses sentiments. Nous sommes là sur ce site pour ça :blush:
Courage,
Fabrice

Bonjour

Merci pour vos retours à tous les deux :smile:

Pour répondre à Juste, vis à vis de ma culpabilité, ce n’est pas par rapport à cette maladie en elle-même mais plus sur la manière dont j’ai géré certaines choses après.

Comme je m’étais coupée de mes émotions pendant mon traitement et froidement enfermée dans mon intellect, j’ai bossé mes examens comme une malade et me suis magistralement loupée lors du dernier aux 2 tentatives m’empêchant de valider mon cursus.

Cette maladie m’a appris la résilience, j’ai donc rebondi et fait autre chose. Mais aujourd’hui outre le trou dans mon CV, je n’ai pas de diplôme et cela me joue des tours dans ma vie pro.

Naïvement je pense que j’ai voulu reprendre simplement le cours de ma vie.

Je subis quotidiennement les effets de tout cela, ma fatigue ne s’est jamais atténuée.
Bien sur s’y greffe celle engendrée par ma manière de vivre ( horaires décalés, maman solo) et la charge mentale qui va avec.

Je n’ai pas pu réaliser les rêves qui m’ont fait tenir à l’époque car sous le masque se cachait une jeune femme qui avait simplement envie d’être amoureuse, d’être aimée, de fonder une famille, d’acheter une maison. Alors je les ai réalisé mais pas comme je le voulais. Il y a donc ce vide par moment qui me plombe violemment.

J’ai vécu avec remontant mes manches, gardant espoir lorsque j’ai rencontré des difficultés pour faire assurer mon prêt immobilier, les années d’attente en PMA pour mon don d’ovocytes. Toutes ces batailles qui malheureusement ont volé en éclats lorsque mon ex m’a quittée pour une autre au début de mon 7eme mois de grossesse.

N’ayant pas les mêmes moyens financiers que lui, je n’ai pas pu garder la maison seule et je n’ai pas les moyens d’en acheter une autre toute seule. Être maman solo, d’une enfant asperger me demande au quotidien beaucoup d’énergie.

Je suis la première à dire qu’il faut s’accrocher pour s’en sortir et pourtant par moment je me demande à quoi ça a servi ! D’où ma palette de sentiments et d’émotions plutôt négatives.

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Bonjour Julie,
Dire que votre parcours de vie a été difficile est un euphémisme. Ce que je retiens de votre post c’est que vous semblez avoir la ressource, de l’énergie et le recul suffisant pour faire face. C’est humainement normal qu’avoir des coups de moins bien et que s’interroger sur la finalité de tout cela.
J’espère de tout mon cœur que vous allez vite rebondir.
Courage,
Fabrice